vendredi 8 avril 2016

2007 Bosnie-Herzégovine

Lundi 27 août 2007

A 10h15, départ en vacances avec Viviane en Boxer camping-car, depuis Erstein, où nous avons participé au mariage d’Alexia et David.
Nous traversons l’Allemagne par les autoroutes : Karlsruhe, Stuttgart, München.
Nous atteignons l’AUTRICHE à 17H30 et nous installons dans un camping à Hallein, aux environs de Salzburg, vers 18h.

Mardi 28 août 2007

Nous sommes tout près de l’Allemagne et des Alpes bavaroises. Nous faisons une incursion à Berchtesgaden. La ville est surtout connue pour l’Obersalzberg où était situé le chalet d’Hitler avant son arrivée au pouvoir et devenu le QG des nazis dans la région, également pour son « nid d’aigle », construit sur le Kehlstein. Nous nous contentons de nous promener au centre de cette typique ville bavaroise : pittoresque place du château, ancien grenier à blé, galerie à arcades du XVIe siècle et église St-Pierre-et-St-Jean.

Nous traversons ensuite l’Autriche par l’autoroute jusqu’à Villach. Nous entrons en SLOVENIE par le nouveau Karawankentunnel  à 14h30.
L’autoroute nous mène à LJUBLJANA.
La Slovénie est devenue le treizième pays à adopter l'euro le 1er janvier 2007.

Nous allons nous promener de 15h à 16h sur les quais de la rivière Ljubljanica.


Face à l’église franciscaine, forte animation dans les rues et sur « Tromostovje » (le Triple Pont). 




Nous dégustons une glace sur les quais. Cette fois Viviane ne pourra plus dire qu’elle ne se souvient plus (cf. 7 septembre 2006). C’est la troisième fois que l’on y vient !
Nous faisons route ensuite vers Zagreb. Nous passons en CROATIE vers 17h30.
Le Guide du Routard nous indique le camping Lučko aux abords de Zagreb. Difficile à trouver. Je me souviens que déjà en 2001 (le 6 octobre), nous l’avions cherché en vain. A 19h25 pourtant, nous parvenons enfin à cet « auto-camp », en bord d’autoroute. L’accès se fait par une station-service sur le périphérique, à l’ouest de la capitale. Vaste et ombragé, mais sans charme, avec le bruit de fond de l’autoroute.

Mercredi 29 août 2007

Au matin, depuis Zagreb, nous empruntons l’autoroute en direction de Belgrade, dans la plaine de Krajina, vers la Slavonie. Peu avant Nova Gradiška, nous quittons l’autoroute et bifurquons vers le sud.
Des rubans jaunes et des panneaux à la tête de mort évocatrice quadrillent les champs.
Pendant la guerre yougoslave, plus d’un million de mines ont été déposées sur le territoire croate : essentiellement sur les anciennes lignes de front entre l’armée croate et les forces serbes, et sur les territoires occupés par les séparatistes serbes. Le déminage est un travail de fourmi.
Précaution : ne jamais s’aventurer hors des routes ou chemins réguliers, ni entrer dans une ruine ou maison abandonnée !
A Stara Gradiška, nous franchissons la Save. C’est la frontière avec la BOSNIE-HERZEGOVINE.

Ancienne république fédérée de la Yougoslavie depuis 1945, la Bosnie-Herzégovine proclame son indépendance le 1er mars 1992, après un  référendum  boycotté par un tiers de la population (la majorité des Serbes de Bosnie). Parmi la population bosniaque et croate, les votants s'expriment à 99,4 % pour l'indépendance.
La Communauté européenne et les États-Unis reconnaissent l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine, le 6 avril 1992. Le même jour, le président yougoslave Slobodan Milošević coordonne les premières opérations militaires en Bosnie. La guerre se généralise, la barbarie se déchaîne entre les trois communautés.
En décembre 1995, les accords de Dayton mettent fin à une guerre de presque 4 ans. Le pays est totalement ruiné. La République de Bosnie-Herzégovine est partagée en deux entités : la Fédération croato-musulmane  et la République serbe de Bosnie.
En décembre 2004, l'Eufor, une force militaire de l'Union européenne, remplace l’OTAN pour faire respecter les accords de Dayton.

Au poste-frontière de Gradiška flotte le drapeau bosnien, jaune et bleu avec des étoiles blanches. A part sur les bâtiments officiels fédéraux, ce sera la seule fois que nous l’apercevrons. Les accords de Dayton ont eu pour effet d’entériner la partition du pays en deux États ethniquement forts au sein d’un État unitaire faible et presque symbolique avec comme capitale Sarajevo. La présidence de l’Etat est collégiale.

Nous sommes en Republika Srpska (République serbe de Bosnie), l’une des deux entités constitutives du pays.
La République serbe de Bosnie, autoproclamée en 1992 a été reconnue par les accords de Dayton non comme république, mais comme collectivité territoriale (49 % du territoire et 25 % de la population, plus les réfugiés serbes de Croatie, désormais apatrides).
C’est le drapeau serbe qui flotte partout, d’ailleurs déclaré inconstitutionnel car il se réfère trop à la Serbie et aux Serbes au détriment des autres ethnies.
Tous les panneaux et inscriptions ainsi que les noms de rues sont en cyrillique. Cet alphabet, en tant qu’affirmation nationaliste, est de retour en force, bien plus qu’il y a dix ans, et bien plus qu’en Serbie même. Pour les mêmes raisons également, les langues officielles de l’Etat bosnien (le serbe, le croate et le bosniaque) sont chacune en voie de spécification et en constante évolution.
Il est à peu près midi. Nous changeons de l’argent dans une officine. La monnaie est le mark convertible.
Nous mangeons à Gradiška des burek dans un « buregdžinica », petit resto populaire. Le burek est un des plats de base bosniens, fourré à la viande hachée et aux oignons dans une pâte que l’on roule en longueur.
Nous faisons route ensuite à travers la plaine de Pannonie vers Banja Luka, capitale de la République serbe. Nous traversons d’abord toute la ville et nous dirigeons vers le sud pour rechercher un hébergement.  Nous nous renseignons auprès d’une pension, au bord de la rivière Vrbas. Nous pourrons y revenir ce soir nous installer avec le fourgon. Pour l’instant nous retournons à Banja Luka.
Quasi exclusivement serbe depuis la guerre yougoslave, elle est culturellement tournée vers la Serbie. L’empreinte de la culture ottomane a disparu avec la destruction des mosquées pendant la guerre.
Nous parcourons à pied les belles avenues arborées du XIXe siècle qui entourent son centre historique. L’église Hrist Spasitelj  attire notre attention. C’est une élégante église orthodoxe toute neuve avec des dômes dorés et une décoration extérieure à bandes ocre de deux tons (rare dans les églises orthodoxes de Bosnie). 


Un peu plus loin, sous les frondaisons des arbres de l’avenue, deux grands jeux d’échec sont dessinés au sol, attirant les joueurs et les badauds massés autour.


Le Kastel est le monument emblématique de la cité. C’est une très grande forteresse datant des Romains. Il s’agit de deux enceintes principales avec plusieurs grandes tours, dans un état de conservation remarquable. Nous buvons un pot dans son enceinte, dominant les rives de la Vrbas. Viviane essaie de récupérer un verre à bière « Nectar » pour sa collection, auprès du serveur. Et ça marche !
Nous quittons la ville pour rejoindre la pension que nous avions trouvée cet après-midi. Le patron nous installe à l’arrière du bâtiment et nous branche l’électricité en passant le câble par une fenêtre. L’endroit est plaisant, ombragé, au bord de la Vrbas. 


Quelques bancs en bois sous un arbre, un sentier dallé qui rejoint la rivière…


Nous lions connaissance avec un jeune chien sympathique, malheureusement enchaîné un peu trop court. Deux hommes viennent se baigner puis se délassent sur les bancs en avalant force petits verres de rakia (alcool blanc). Ils me font signe de venir boire avec eux. Discussion succinte en serbe ! Ce doit être de la loza, un alcool de raisin. Avec l’aide de la carte, ils me proposent un trajet à effectuer demain.

Jeudi 30 août 2007

Au matin, nous allons nous laver à l’intérieur du bâtiment. Avant de partir, lorsque je vais payer mon emplacement, on m’offre un verre de « šlibovica » (alcool de prune) !

Nous partons à 9h30. A Jagare, nous franchissons un petit pont en bois et nous quittons la vallée de la Vrbas. Nous allons effectuer un trajet en montagne par des routes secondaires du massif de Zastijenje, l’un des plus isolés de Bosnie, dans les Alpes Dinariques. Paysages de hauts plateaux alternant avec des forêts de conifères.
Nous nous arrêtons pour quelques courses à Kneževo, une bourgade de montagne. J’y achète entre autres une paire de baskets pour une vingtaine de marks. La route descend pendant une quinzaine de kilomètres, dans un relief escarpé, jusqu’à Koričani (1173 mètres d’altitude). C’est une petite vallée où l’on franchit la rivière Ugar, point d’eau pour tous les animaux sauvages du massif. 

La rivière marque également l’entrée dans la Fédération de Bosnie et Herzégovine, anciennement Fédération croato-musulmane, l’autre entité constitutive du pays (51 % du territoire et 70 % de la population).
Aussitôt, les pancartes directionnelles sont inscrites en alphabet latin. C’est à cela que l’on remarque le passage de l’une à l’autre entité.
Aucune trace de présence humaine. Il faut rouler lentement ; la route en mauvais état est jonchée de pierres de toutes tailles qui dégringolent de la montagne.
On retrouve la nationale M16 qui relie Sarajevo à Banja Luka.  On rejoint Donji Vakuf, dans la vallée de la Vrbas, aux portes de la Bosnie centrale. Se dirigeant vers le nord, la rivière devient torrentueuse et s’engage dans des gorges. La route serpente dans des paysages magnifiques jusqu’à Jajce.
Vers 13h, nous empruntons une petite route de campagne et mangeons dans le Boxer, à proximité d’un cimetière musulman.


 Romantique, avec ses tombes éparses au hasard dans la verdure…


Juste derrière, apparaissent les collines encerclant Jajce.


Nous arrivons à Jajce à 14h30.
La ville était avant-guerre composée de musulmans et de Bosno-Croates à part presque égale, suivis des Bosno-Serbes. Beaucoup de Croates sont restés, ce qui n’est plus le cas des Serbes.
Jajce est une ville en deux parties : la vieille ville sur son promontoire rocheux et la nouvelle ville au nord. A pied nous montons dans la vieille ville. Les ruelles qui montent à la forteresse ont un charme d’un autre âge. De très vieilles maisons bosniennes disséminées accentuent le caractère des lieux. La forteresse domine la ville et tous les chemins y mènent. On passe à côté d’une adorable mosquée avec son minaret en bois.


On peut se promener sur les tours de garde et jouir d’une vue d’ensemble.


A l’entrée de la citadelle, on peut visiter les catacombes. Viviane préfère m’attendre à l’extérieur. On descend Ulica Svejogluke, une rue sans âge.

 




On y rencontre la tour de l’Horloge (catholique) en mauvais état et une autre enceinte fortifiée.


Dans le bas de la ville, une mosquée en construction semble respecter le style des mosquées traditionnelles, plus agréable qu’une église catholique en béton elle-aussi en construction…
Nous nous promenons ensuite vers les chutes de la Pliva. Les vestiges de la guerre 1992-1995 sont encore bien présents. A l’entrée du parc, un groupe de maisons est encore en ruine. 



Bien que beaucoup d’argent ait été investi par la communauté internationale depuis neuf ans, on trouve encore partout des immeubles et des sites détruits.
Un joli parc borde la rivière. Bien cachées, les célèbres chutes sont les seules de cette importance dans une ville. D’une hauteur de trente mètres, elles sont magnifiques. La Pliva se jette dans la Vrbas quelques mètres plus loin. 


Au retour, nous buvons un pot en terrasse à l’entrée du site touristique des chutes. Viviane réitère le coup du verre à bière, cette fois pour une « Sarajevsko ». Je ne sais plus quelle en a été l’issue…
Nous cherchons maintenant un lieu pour passer la nuit. Il faut savoir que les campings sont extrêmement rares en Bosnie. Nous avons de la chance. Un terrain de camping tout récent vient d’ouvrir entre Jajce et le lac de Plivsko : l’auto-camp « Plivsko jezero ». Il possède tous les équipements d’un camping européen. Au demeurant, nous y sommes pratiquement seuls.

Vendredi 31 août 2007

Nous quittons l’auto-camp de Jajce à 9h34. Nous empruntons à nouveau la M16, cette fois en direction de Sarajevo. Nous traversons Travnik, capitale historique de la Bosnie ottomane durant 150 ans.
Autour de Travnik, attention aux champs de mines ! La région fut le théâtre de combats intenses entre 1992 et 1995 et les zones minées ne sont pas indiquées. Comme un peu partout dans le pays, beaucoup de sites ne sont pas nettoyés. La plus grande prudence est nécessaire. Pas question de s’aventurer hors piste.

Dans notre trajet en Bosnie centrale, nous apercevons de plus en plus de mosquées dans les villages qui s’égrènent le long de la route. Inhabituel, cette succession de villages européens dominés par des minarets ! Nous faisons une halte dans l’un d’eux près d’une belle mosquée au minaret élancé (de style ottoman). De l’autre côté de la place lui fait face une église catholique.
















C’est en Bosnie que se sont situés au cours des siècles la frontière et le choc des civilisations orientales et occidentales : d’abord entre les Empires romains d’Orient et d’Occident, puis entre l’Occident et l’islam des Ottomans. Héritage de cette longue histoire, les Croates sont catholiques, sous influence de la Croatie voisine et du Vatican ; les Serbes sont orthodoxes depuis l’influence de Byzance ; les Bosniaques sont sunnites : ce sont au départ essentiellement des chrétiens bogomiles qui ont adopté l’islam des Ottomans.
Aujourd’hui, les habitants de la Bosnie-Herzégovine sont tous des « Bosniens », les trois nationalités majoritaires étant les Bosniaques (appelés « Musulmans » à l’époque de la Yougoslavie), les Croates et les Serbes.
La route se fraie un passage en Bosnie centrale dans un relief de moyennes montagnes couvertes de forêts (Alpes Dinariques) au creux de la vallée de la Bosna.

Et nous arrivons à SARAJEVO, la capitale fédérale, à 13h.
Sarajevo la mythique ! Ce nom résonne dans la tête des voyageurs.
Lieu d’histoire par excellence, la ville est connue en Europe pour être l’une des capitales intellectuelles des Balkans, mais aussi pour son histoire mouvementée dont la présence turque pendant quatre siècles est un des attraits majeurs.
Coincée en fond de vallée, la ville s’est développée tout en longueur sur une dizaine de km, entourée de quartiers qui montent à l’assaut de la montagne. C’est aussi ce qui a fait son malheur.
Refusant les résultats du référendum de 1992, les milices serbes organisées par Radovan Karadzić, chef du parti nationaliste serbe, encerclent la ville de Sarajevo. Le 6 avril, les forces de l’armée yougoslave dressent des barricades et postent des « snipers » (francs-tireurs) tout autour de Sarajevo, pour "protéger" les quartiers serbes et isoler les quartiers bosniaques à majorité musulmane et les croates à majorité catholique. Le siège de Sarajevo commence. Les routes principales menant à la ville sont bloquées, stoppant les envois de nourriture et de médicaments. L'eau, l'électricité et le chauffage sont coupés. Les forces serbes, au lieu de tenter de prendre la ville, l'assiègent et la bombardent en continu pour l'affaiblir, sans quitter les collines ceinturant la ville. Le siège de Sarajevo est le plus long siège de l'histoire moderne de l’Europe. Il durera 1300 jours et fera des milliers de morts.
Nous laissons le Boxer dans un parking gardé à l’entrée du centre-ville. Nous mangeons dans un restaurant. Lorsque nous en sortons, les pavés des rues reluisent, car entre-temps, il s’est mis à pleuvoir.
















Les grands monuments de la ville sont d’abord ottomans puis austro-hongrois.
Nous passons l’après-midi à pied dans le quartier de Baščaršija, le centre historique ottoman.
C’est le plus ancien quartier de Sarajevo. Presque entièrement piétonnier, il est resté le plus authentique. Depuis cinq siècles, son âme est préservée, tout autant que son architecture, avec ses petites maisons turques la plupart encore en pierre et bois.


Son point central, Sebij, la place aux pigeons, est emblématique de Sarajevo. C’est une fontaine surmontée d’un pigeonnier en  bois.


En bas de la place s’élève la mosquée Havadže Duraka, de style ottoman.


Tout autour de la place, on trouve encore toutes les maisons typiques bosniaques ottomanes. 


Ce quartier est truffé de magasins et d’échoppes en bois où se fabrique et se vend l’artisanat bosniaque depuis toujours.
















Ferhadija est l’artère piétonne principale du centre. On y trouve la cathédrale catholique, de style néo-gothique. Dans sa prolongation, la rue Saraći comporte la medressa, une école coranique de l’époque ottomane qui sert aujourd’hui de lieu d’expositions temporaires. En face, c’est la grande mosquée Gazi Husrev-Begova. Construite en 1531, elle est la plus importante mosquée de Bosnie. Son système multi-coupoles la distingue des autres mosquées et son style vient d’Istanbul. Dans la cour se trouve le Šadrvan où les fidèles se lavaient les pieds, la tête et les mains avant d’entrer.
















Face à la station de bus une autre mosquée est entourée de magasins, ce qui est très rare pour une mosquée.
Seule capitale musulmane d’Europe, Sarajevo montre son attachement à l’Islam. L’appel à la prière montant des minarets, qui s’élève de toutes les mosquées, est inoubliable. Par contre, la ville dévoile son âme bosniaque et slave tout à la fois. Trouver dans une même rue mosquée, église catholique, temple orthodoxe et synagogue est une expérience unique !
L’islam est la religion majoritaire en Bosnie. Pragmatique et modéré, il a toujours cohabité avec les autres religions, pendant des siècles. Le prosélytisme de certains pays musulmans pour réorienter l’islam de Bosnie a échoué. « Nous connaissons l’islam depuis 500 ans, on n’a pas besoin qu’on nous l’apprenne ! » disent les Bosniaques.
En revanche, la guerre a atteint son objectif d’épuration ethnique. 90% des habitants de Sarajevo sont bosniaques musulmans.
Vers 16h30, nous retrouvons le fourgon et sortons de la ville.
Le siège de Sarajevo est encore bien visible par le grand nombre d’immeubles endommagés par les impacts de balles et les bombes. Nous remontons le fameux boulevard, appelé «snipper alley » où les milices serbes tiraient sur la population depuis les collines ceinturant la ville.

Nous recherchons un hébergement. Nous aurons du mal à le trouver, mais un grand camping existe à 10 km du centre, à Ilidža. Indiqué par le guide du Petit Futé, c’est l’auto-camp Oaza, avec des infrastructures modernes et même une superette. On s’y installe vers 17h30.
                                                           
Samedi 1er septembre 2007

Nous passons encore la matinée à Sarajevo. Nous garons le camping-car au même parking qu’hier.
Le quartier de Vratnik est un véritable village montant à l’assaut de la montagne sur la rive droite de la Miljacka. Nous grimpons dans ce quartier par de fortes pentes à la rencontre des anciennes maisons bosniaques de la ville et un immense cimetière musulman.

A nouveau à Baščaršija, nous passons devant la bibliothèque nationale : édifice austro-hongrois, construit dans un style néo-maure par volonté d’harmonie avec le style islamique. Après la Seconde Guerre mondiale, elle devint la plus prestigieuse bibliothèque des Balkans. Elle fut incendiée en 1992 par les milices serbes, un des plus grands carnages culturels du siècle. Seuls les murs extérieurs resteront debout. A peine 20% des livres entreposés dans les sous-sols seront sauvés. Sa restauration a démarré fin 2002.


Nous parcourons les étals d’un grand marché.


Nous visitons une galerie marchande du XVe siècle avec 52 magasins !


N’oublions pas non plus de passer à la poste acheter des timbres pour Serge !
A midi, nous mangeons dans une « ćevabdžinica », petit restaurant typique où l’on mange des ćevapi (boulettes de viande de bœuf et de mouton hachée dans un pain rond avec oignons et crème). Pas d’alcool, en revanche. Le restaurant est musulman. Une bière sans alcool fera l’affaire…

Nous quittons la ville vers 13h, en direction du sud-est. Là, ça se complique. Nous traversons des zones semi-urbaines sans indications. La route devient mauvaise, traverse un genre de no mans’ land.  Tout d’un coup, des indications en cyrillique ! Dès les faubourgs sud, nous sommes à nouveau en République serbe de Bosnie.
Nous parvenons à rejoindre non sans mal la nationale M18 et roulons vers Foća.
Région sauvage et montagneuse, sinistrée depuis la guerre, avec peu de développement économique. Seule l’industrie du bois se développe de nouveau.
Peu après Foća, des habitants nous font signe : « milicia !» Ils nous préviennent que la police est postée un peu plus loin… En effet !
Nous faisons route vers le Monténégro le long de la rivière Drina. La route est de plus en plus sauvage à mesure que l’on s’en approche. Elle devient étroite et difficile, se transforme en piste, domine des à-pic impressionnants, comme par hasard sur des ponts mal en point sans parapet ! La route est fréquentée par des camions. Quand on les croise, ils ne s’arrêtent pas, et il n’y a guère de place pour deux…
La frontière est délimitée par de hauts sommets. Les paysages sont très découpés et la route devient grandiose en arrivant au poste-frontière bosnien situé tout en bas de la vallée. La Tara, qui fait office de frontière sur une trentaine de kilomètres, rejoint en un majestueux canyon la Piva qui descend elle aussi du Monténégro, pour former la Drina à la frontière. Le canyon de la rivière Tara, d’une indescriptible beauté, est le plus long et le plus profond d’Europe. Il serait le deuxième au monde après le Colorado !
Un pont frontalier franchit la Tara. Des amateurs de rafting viennent de terminer la descente du canyon et rangent leur matériel entre les deux postes-frontière.
A 16h15, nous entrons en République du MONTENEGRO au poste-frontière de Šćepan Polje.

Après la dissolution de la Yougoslavie en 1992, il ne reste que la Serbie et le Monténégro dans la nouvelle Yougoslavie fédérale. République confédérée au sein de l’Etat de Serbie-Monténégro depuis 2003, la République du Monténégro proclame son indépendance le 3 juin 2006.
[A noter : le Monténégro est le premier Etat à avoir inscrit la protection de l’environnement dans sa constitution.]

Pas besoin de s’arrêter pour changer de l’argent. Comme l’Andorre, le Monténégro a adopté unilatéralement l’euro pour monnaie. N’étant pas membre de l’Union européenne, ce choix ne lui donne, à ce jour, aucun droit spécifique (face nationale en particulier).
D’ailleurs, un autre aspect visible de cette attirance vers l’Europe: les plaques minéralogiques internationales des véhicules sont une abréviation anglaise « MNE », au lieu du serbe CG (Crna Gora) qui figurait sur les anciennes plaques de Serbie-Monténégro (SCG).
L’alphabet aussi : la langue serbe officielle (que d’aucuns voudraient appeler monténégrin) se décline aussi bien en alphabet latin que cyrillique. Les indications routières sont en général dans les deux alphabets.

Pays montagneux des Balkans, la majeure partie de son territoire est occupée par les Alpes dinariques. Dès la frontière passée, la route va monter dans la zone karstique au flanc des gorges de la Piva. Le passage d’un viaduc à 300 mètres au-dessus des flots dans la partie la plus resserrée des gorges est impressionnant. 


















La route de montagne grimpe sur une trentaine de kilomètres pour culminer à 1300 mètres au-dessus du lac Pivsko.
Brouillard et humidité.
Nous suivons la route de montagne qui va descendre en plaine jusqu’à Nikšič, la deuxième ville du Monténégro. Nous sommes à la limite entre climat méditerranéen et climat continental.

Dans un village au bord de la route, à quelques kilomètres avant la ville, nous avisons un petit restaurant qui affiche un logo d’auto-camp. Renseignement pris, nous pouvons nous installer dans le pré derrière la maison. Mais il n’y a pas de commodités ni d’électricité. La soirée sera ensoleillée. Nous irons par la suite manger un plat local dans ce restaurant populaire.

Dimanche 2 septembre 2007

Départ à 8h30.
Avant d’entrer en ville, nous nous arrêtons pour faire des courses dans une supérette. Pratique, avec l’euro !
Après Nikšič, nous parcourons la plaine de Bjelopavlići, étroite et fertile. Elle s'étend le long de la rivière Zeta, s'élargissant vers l'aval, jusqu'à sa confluence avec la rivière Morača, près de Podgorica. Corridor routier et ferroviaire avec une forte densité de population, en raison de la rareté des basses terres fertiles dans un pays montagneux comme le Monténégro.

Nous atteignons PODGORICA, la capitale, à 9h45, après nous être quelque peu égarés en périphérie.
Anciennement Titograd, c’est une ville qui développe lentement les caractéristiques d’une ville européenne moderne et qui semble tout juste sortir des berges de ses six rivières. La richesse du centre ville, bâtiments flambant neufs, grandes avenues, contraste avec certains quartiers des alentours dont le niveau de vie ne semble pas élevé. On croise régulièrement des vendeurs de cigarettes et autres babioles dans les rues.
Un nouveau pont sur la Morača, le « Millenium », est le nouveau symbole de la ville qui domine, avec ses pylônes hauts de 57 m, le panorama urbain. La place centrale est le Square de la République et sa fontaine ; la rue principale est la rue de la Liberté (« Ulica Slobode »). Nous faisons le tour de la ville en voiture, ensuite nous nous baladons à pied dans le centre. En fait il n’y a rien à voir. Peu de quartiers historiques. Les zones piétonnières sont les rues Njegoseva et Hercegovačka, qui semblent des lieux de longue tradition. En fait, en ce dimanche matin, tout est désert. Les boutiques et les cafés sont fermés. Seuls les drapeaux de quelques ambassades flottent sur la rue et apportent une touche de couleur !
Nous buvons tout de même un café sur une terrasse.
Par la suite, nous allons jeter un œil sur le chantier d’une grande cathédrale orthodoxe en construction. De tels chantiers semblent inimaginables à notre époque, en France !

Nous quittons la ville et roulons ensuite en direction du lac de Skadar dans la plaine de Zeta, la plus grande plaine fertile du Monténégro. Curieusement, elle porte le nom de la Zeta, bien que la rivière elle-même n'y coule pas. C’est l'une des zones les plus densément peuplées du pays. Les vastes vignobles de « Plantaže », un vin de qualité du Monténégro, sont situés dans la plaine de Zeta. La région est également idéale pour la culture des fruits et des légumes méditerranéens. Par contre l'usine d'aluminium de Podgorica, qui est considérée comme la principale source de pollution de la plaine, y rend la vie des habitants difficile.
Nous approchons du lac de Skadar. Un mignon petit port de village sur la Morača, près de sa jonction avec le lac, nous fournit l’occasion d’un arrêt. 


Le lac est la plus grande réserve naturelle d'oiseaux en Europe, l'un des derniers marais d'eau douce méditerranéens et le plus grand lac des Balkans, partagé entre le Monténégro et l'Albanie.
Un grand pont traverse l’extrémité nord-ouest du lac pour atteindre Virpazar, principal port du lac côté monténégrin. Infrastructures touristiques et hôtels-restaurants. Nous mangeons dans le Boxer en bord de route, sur la rive sud, en direction de l’Albanie.
L’après-midi, nous franchissons la région du Paštrovići pour plonger sur Petrovac, ville côtière touristique au bord de la mer Adriatique. Nous remontons la côte, passant à Sveti Stefan, jusqu’à Budva : stations balnéaires, superbes plages de sable.
Nous repartons dans la montagne vers la chaîne de Lovćen jusqu’à Cetinje, capitale historique monténégrine. A partir de là,  nous parcourons en voiture le parc national de Lovćen. L’entrée du parc est payante : une barrière et une guérite barrent la route dans la montée.
Nous atteignons le mont Lovćen (1654 m). A son sommet, après l’ascension d’un escalier spectaculaire taillé à flanc de montagne, nous visitons le mausolée à caryatides du plus grand gouverneur et poète-évêque du Monténégro, Petar II Petrović Njegoš


















Les Monténégrins vénèrent ce philosophe éclairé, chef de file de la résistance contre les Turcs et héros de la souveraineté monténégrine au XIXe siècle.
Derrière le mausolée, un chemin dallé nous mène au bout de la crête.


Vue splendide : on embrasse tout le Monténégro, des Bouches de Kotor à l'Adriatique, du lac de Skadar au massif du Durmitor.
Frontière entre la mer et le continent, Lovćen est sous l’influence des deux climats. Les paysages du parc s’en ressentent : pentes rocheuses ou boisées, dépressions et cultures.


Nous quittons le parc national dans la soirée ; nous descendons vers Kotor et la mer Adriatique. Cette route historique est réputée pour sa beauté. Sentiment de fascination…On reste en arrêt, bouche bée devant la vue fantastique sur la « Boka », la baie de Kotor qui se découpe en contrebas.


La route dégringole en une série de 32 courbes abruptes, à couper le souffle. Tous les virages sont numérotés !
On débouche sur Kotor, une ville médiévale inscrite au Patrimoine mondial par l’Unesco.
Vu l’heure avancée, et cherchant un lieu pour passer la nuit, nous ne prenons pas le temps d’y faire une halte. Nous allons parcourir toute la rive nord de la baie.
La baie de Kotor est le fjord le plus méridional d’Europe. Protégée du climat du nord par de hautes montagnes escarpées, c’est une oasis de végétation méditerranéenne.
Nous contournons le fjord. Les petites villes, trésor d’histoire, d’art et de beauté, s’égrènent sur son littoral : Dobrota, Perast, Risa…
A la tombée de la nuit, près de Kamenari, nous avisons un auto-camp coincé entre la route et la mer. En fait il s’agit d’un simple pré tenu par un particulier. Nous nous faufilons pour trouver un emplacement entre les camping-cars, les caravanes et les tentes, encore assez nombreux. Un baraquement en bois abrite une douche et un WC. Le branchement électrique se fait avec le renfort d’une rallonge que l’on nous prête.

Lundi 3 septembre 2007

Au matin, un doux soleil illumine le fjord. Les barques de  pêcheurs occupent l’espace du détroit qui sépare en deux la baie de Kotor.
Nous quittons l’auto-camp à 8h30. Nous empruntons vers l’ouest la route du littoral jusqu’à Herceg-Novi. Nous poursuivons jusqu’à la frontière croate.

Nous passons alors en CROATIE, à l’extrême sud de la Dalmatie, étroite bande côtière entre l’Adriatique et la frontière bosnienne.
Après Cavtat, nous empruntons la vieille route en corniche construite à l’époque de l’occupation napoléonienne de la Dalmatie. C’est une très belle portion de littoral où les paysages ne sont pas trop défigurés par de hideuses constructions. Les versants arides et rocailleux de la montagne se couvrent d’une belle végétation méditerranéenne à l’approche de la mer. Et c’est ainsi que nous débouchons au-dessus de Dubrovnik. Superbe panorama sur la ville entourée de remparts et de fortifications, au pied d’une montagne qui tombe brutalement dans des eaux d’un bleu limpide.


Nous garons le fourgon à l’extérieur de la vieille ville interdite aux voitures. Je me mets en quête d’un bureau de change pour récupérer des kuna.
Nous entrons dans la vieille ville de Dubrovnik par la porte de Ploče attenante au fort Revelin, avec une large vue sur le port. 



Il est midi. Nous mangeons sur le port en terrasse du restaurant « Lokanda Peskarija » (indiqué par le Routard) : des moules servies dans de petites marmites en fonte.
Nous passons l’après-midi à visiter la vieille ville, « perle de l’Adriatique », classée au Patrimoine mondial de l’humanité.


La République de Raguse, ville libre de l’Adriatique, parvint tant bien que mal à préserver son autonomie pendant près de 1000 ans. Epargnée par la vague ottomane elle fut occupée par Napoléon, passa sous contrôle austro-hongrois puis devint yougoslave en 1918.
En décembre 1991, après la déclaration d’indépendance de la Croatie, l’armée yougoslave, composée en majorité de Serbes et de Monténégrins, lança une attaque d’une extrême violence sur Dubrovnik et bombarda sans répit la ville depuis le sommet du mont Srđ. Le siège dura six mois. Le bilan fut désastreux.
Aujourd’hui les traces physiques de la guerre ont presque disparu.
Entourée de remparts, la vieille ville est entièrement piétonnière et regroupe tous les monuments et églises dignes d’intérêt. « Placa » est la rue principale de la vieille ville, caractérisée par la couleur claire de ses maisons à la grande unité de style et surtout par son dallage en pierre calcaire à la surface lisse et polie. Un vrai décor de cinéma ! Mais, que de touristes!
















Nous parcourons tout un dédale d’étroites ruelles dallées de pierres blanches, certaines en escalier qui montent à l’assaut des remparts. 



Entre autres monuments, le palais Sponza et sa cour à arcade est un superbe édifice Renaissance.


En face se dresse la colonne de Roland. A droite, la tour de l’Horloge et le couvent des Dominicains. Plus loin le palais des Recteurs et la cathédrale. A l’ouest, près la porte Pile, entrée principale de la vieille ville, s’élève la fontaine d’Onofrio devant le monastère des Franciscains. 

Vers 16h, nous quittons la ville et empruntons la route côtière de la « riviera de Dubrovnik ».
Un poste-frontière marque un bref passage en Bosnie dans le corridor de Neum, seul accès du pays à la mer.
La république de Croatie présente une curieuse discontinuité territoriale, car sa portion la plus méridionale n’est pas directement rattachée au territoire national. Elle en est séparée par une bande d’une douzaine de kilomètres qui relève de la Bosnie-Herzégovine. L’histoire explique cette anomalie. Menacés d’encerclement, les Ragusains obtinrent par le traité de Karlowitz en 1699 que deux bandes de territoire ottoman fissent tampon entre leur territoire et les possessions vénitiennes : la bande de Neum au nord-ouest, celle de Sutorina au sud-est. La première reste inscrite dans le découpage politique contemporain.
Neum est la seule station balnéaire de Bosnie sur l’Adriatique. Architecture quelconque, pas très heureuse, contrebalancée heureusement par le relief. La ville s’accroche en escalier jusqu’à la mer. La presqu’île croate de Pelješac la cache de la vue du large. Nous cherchons un endroit pour la nuit sur une petite langue de terre en face de la ville. En vain.

A nouveau en Croatie, nous pénétrons dans le parc national Prirode Neretva. C’est le delta de la Neretva, un des marais les mieux préservés d’Europe. Nous nous arrêtons à l’auto-camp Rio, situé entre l’Adriatique et une zone irriguée de plantations de mandarines. Nous nous retrouvons seuls dans ce grand camping. Son propriétaire nous offre quelques mandarines en branche.


Nous faisons une balade au bord de la mer avant la tombée de la nuit.

Mardi 4 septembre 2007

Le matin, nous reprenons la route et traversons le parc national vers le nord. Nous passons la frontière de BOSNIE-HERZEGOVINE. Nous sommes en Herzégovine, qui accole son nom à la Bosnie depuis des centaines d’années. Située au sud-ouest du pays et tournée vers l’Adriatique, elle possède son identité propre. Son territoire est partagé entre les deux entités constitutives du pays.
Ici, c’est la Fédération de Bosnie et Herzégovine (croato-musulmane). Nous sommes dans un canton ethniquement mixte. Le drapeau à damier croate flotte dans les villages que nous traversons et non le drapeau fédéral bosnien.
Nous roulons jusqu’au village de Poćitelj. Magnifique et très ancien village en pierre situé entre une colline calcaire et la Neretva, il est dominé par une forteresse médiévale. 



Village musulman bombardé pendant la guerre civile, restauré complètement, c’est une petite merveille qui nous plonge dans le Moyen Age lorsque l’on parcourt ses ruelles jusqu’aux ruines de la forteresse. Nous visitons la mosquée Hadži Alija, une remarquable petite mosquée en pierre.


En continuant la route qui longe la Neretva, nous arrivons à Mostar vers 10h30. Mostar est avec Sarajevo une des perles de la Bosnie-Herzégovine. La ville qui date du XVe siècle s’est bâtie autour de la Neretva. C’est une ville multiculturelle où vivaient les trois communautés.
Pendant le conflit yougoslave, les forces croates dans un premier temps collaborent avec l’armée bosniaque pour défendre la ville contre l’artillerie serbe. Puis en 1993, les forces croates de Bosnie adoptent à leur tour une politique de nettoyage ethnique. Le Conseil de défense croate soutenu par l’armée croate va se retourner contre ses anciens alliés, pilonnant sans relâche la partie orientale de la ville restée sous contrôle de l’armée bosniaque et dans laquelle s’est réfugiée la population civile musulmane. Les obus croates détruiront notamment le célèbre Vieux Pont construit en 1566 par les Ottomans.


Nous commençons notre visite par le Petit Pont, construit en 1588 par les Turcs, qui enjambe la Radobolja, reconstruit avec le soutien de l’Unesco.


La Neretva traverse la vieille ville dans un petit canyon rocheux avec sa couleur vert émeraude unique au monde.


« Stari Most », le Vieux Pont, qui l’enjambe, est le symbole de Mostar, passerelle entre l’Orient et l’Occident, connu dans le monde entier depuis son bombardement. Chef-d’œuvre architectural de l’époque ottomane dans les Balkans, il a été reconstruit à l’identique par la Banque mondiale sous l’égide de l’Unesco et inauguré en 2004. C’est un pont à une seule arche tendu comme la flèche d’un arc en suspension au-dessus de l’eau. 


Lorsque nous le traversons, un jeune homme quête auprès des passants et, lorsqu’il estime avoir suffisamment d’argent, se jette à l’eau depuis le parapet ! Ensuite, il recommence…
« Stari Grad », la vieille ville a été entièrement restaurée et classée par l’Unesco en 2005. On se balade dans ses superbes ruelles anciennes pavées et dans l’ancien quartier Kujundžiluk, du nom des orfèvres ottomans de l’époque turque.
La mosquée Koski Mehmed Paša, qui date de 1618, est sans doute la plus élégante. L’entrée est payante. De forme carrée, elle est surmontée d’une coupole. 


Sa cour et sa fontaine au centre pour les ablutions ainsi qu’un petit cimetière sont enchanteurs.



On y a une jolie vue sur la Neretva et le Vieux Pont.
On visite également la Maison turque, une des plus belles demeures de la domination ottomane et l’une des mieux conservées de Mostar. L’intérieur est oriental et l’étage en encorbellement sur des colonnes. Elle date de 1635 et appartient encore à la même famille aujourd’hui qui l’a transformée en musée. Splendide !


















Nous achetons dans une petite boutique des châles en cachemire pour nos filles. Nous mangeons au Šadrvan, un restaurant charmant de la vieille ville, dans la courette à côté d’une fontaine bosniaque en son centre. Spécialités du pays à prix raisonnable. 


Evidemment, beaucoup de touristes. C’est lorsque nous nous apprêtons à repartir pour rejoindre la voiture que la pluie se met à tomber.

L’après-midi, nous faisons route vers le canyon de la Neretva. A partir du village de Raška Gora, le paysage devient brutalement abrupt. C’est une succession de défilés magnifiques jusqu’à Jablanica. La pluie redouble. A partir de là, nous parcourons les gorges de la Rama, tantôt très encaissées, tantôt à flanc de montagne, et débouchons par une passe sur le village de montagne de Prozor. Dommage que la pluie gâte un peu le paysage ! Au village, on fait un arrêt pour quelques courses puis on change de direction pour emprunter une petite route malaisée qui longe le lac Ramsko (« Ramsko jezero »). La presqu’île de Scit y abrite un grand monastère franciscain du XIXe siècle.
La route va maintenant traverser de hauts plateaux désertiques entre Prozor et Livno, franchissant le col de Zahum (1 224 m). La chaîne de Raduša, dans les Alpes dinariques, marque la limite entre la karstique Herzégovine au sud et la fertile Bosnie au nord.
La route descend sur  Livno. La pluie s’est arrêtée. Danger ! Ne pas quitter la route. Nous sommes dans une zone minée.
Trajet vers le sud. Longeant la rive ouest du Buško jezero, le plus grand lac de Bosnie, nous recherchons un éventuel endroit pour passer la nuit. Pas de coin accessible. De toute façon, nous atteignons la frontière. Il est 19h quand nous sommes de retour en CROATIE.
Nous roulons vers la vallée de la Cetina  puis descendons vers la côte dalmate.  La route est glissante, suite aux fortes précipitations. Arrivant à une intersection avec un stop, je freine un peu trop brusquement, entraînant le Boxer dans une glissade (une vraie savonnette !). Je parviens quand même à rétablir la situation sans dommage, avec juste une petite frayeur.
Vers 20h, nous arrivons dans un grand camping à Stobreč , à l’est de la ville de Split. La pluie et le vent nous confinent dans le fourgon.

Mercredi 5 septembre 2007

Le temps presse maintenant. Nous n’avons pas le temps de visiter la ville de Split.
Nous allons remonter la côte dalmate par l’autoroute.
A hauteur de Zadar, dans le nord de la Dalmatie, à l’entrée du massif du Velebit, nous sommes pris dans un embouteillage qui va nous faire perdre deux heures, suite à une discontinuité de l’autoroute et le franchissement de tunnels.
Nous en profiterons pour manger dans le fourgon au bord d’une petite route.
Nous remontons sur l’autoroute jusqu’à hauteur de Senj puis empruntons la Magistrale, la route côtière, de Senj à Rijeka.
Nous entrons en Slovénie vers 16h, au nord de l’Istrie, et longeons les collines de Brkini. Nous faisons quelques courses dans une supérette.

A 18h, nous arrivons en ITALIE et nous contournons Trieste.
L’Italie est un  pays de la zone euro,  membre de l’espace Schengen.
Nous passons la nuit dans un camping à Sistiana (golfe de Trieste) à 18h30. C’est un petit espace clos dans une propriété du village.

Jeudi 6 septembre 2007

Traversée de l’Italie du nord.
Le matin, nous roulons sur autoroute (Venezia, Verona…) jusqu’à Brescia.
L’après-midi, nous empruntons une route ordinaire en Lombardie, dans la plaine du Pô. Nous franchissons le fleuve à Cremona pour pénétrer en Emilie-Romagne. Nous abordons le nord de l’Apennin à Bobbio. La route est sinueuse dans un décor splendide de gorges et de montagnes, jusqu’en Ligurie, pour déboucher à Genova (Gênes).
Nous traversons ce grand port en passant par le centre-ville, sans utiliser son autoroute urbaine ou son monstrueux périphérique. C’est l’heure de la sortie du travail. Nous sommes frappés par le nombre de deux-roues en circulation. Scooters, cyclomoteurs se faufilent partout. Très pratique pour éviter les embouteillages. Ecoliers, ouvriers, cadres cravatés et même des familles… Deux ou trois sur le scooter, deux plus un bébé,  plus un chat sur le guidon (le tout souvent sans casque, bien sûr) sont chose courante ! Ce qui ne va pas sans poser parfois quelques petits problèmes…
Nous quittons la ville dans une file de voitures ininterrompue.  Un accident vient en plus tout compliquer.

A Celle-Ligure, nous bifurquons sur une petite route de montagne. A 19h45, nous parvenons à un camping qui domine le golfe de Gênes. On nous installe sur une terrasse à l’entrée.

Vendredi 7 septembre 2007

La circulation est intense sur la Riviera italienne. Renonçant à rouler sur la via Aurelia qui longe la mer, nous prenons l’autoroute. C’est alors une suite ininterrompue de tunnels, de viaducs et de… péages. Assez impressionnant.
Nous roulons jusqu’à Ventimiglia et nous entrons en France.

Nous poursuivons notre route jusqu'à Ceyras (Hérault) et arrivons vers 17h chez Claudine et Raymond où nous retrouvons Oscar.
Nous serons de retour à Saint-Fargeau dimanche 9 à 17h, après 5400 km de voyage.


*****

1 commentaire:

  1. Il serait intéressant
    1. d'avoir une carte d'Europe situant les divers voyages de l'auteur avec indication de dates. Qui la fait?
    2. Qui, pour un lieu précis, à une date déterminée, pourrait préciser des pistes d'écriture d'un roman ? Problématique ? Protagonistes ? Situation initiale?...

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